Retour sur le café philo du mois d’octobre


Animé par Carole Garcia, professeure de philo à Périgueux, le café philo au café Pluche est un moment convivial (thé, café et petites douceurs ..) et sans prise de tête! Le rendez vous est toujours un samedi après midi de 15h à 17h, et la participation est libre.
L’objectif est de construire ensemble une réflexion, sur un thème choisi d’une fois sur l’autre par les participant.es eux mêmes. Cette fois ci, le sujet était : 

Le passé existe-t-il ?

C’est une question étonnante car, par définition, ce qui est passé n’est plus, et à proprement parlé donc n’existe plus.

Mais, en premier lieu, ne pourrait-on pas en dire autant du présent et du futur ? En effet, le futur n’existe pas plus que le passé, mais selon une modalité différente, puisqu’il n’existe pas encore. Il est même encore plus frappé de non-être  que le passé, puisqu’il est incertain, inconnu et d’autant plus inquiétant. Il semblerait alors que seul le présent puisse être dit « exister ». Et pourtant, nous nous sommes dit que cette idée n’est pas nécessairement juste, puisque le présent est évanescent et insaisissable. Au moment même où nous le vivons, il fuit déjà vers le passé et en même temps, il est déjà tendu vers le futur. Le présent, s’il existe, le fait à la manière d’un « pont » ou d’un passage entre le passé et le futur, mais il n’a pas la consistance de quelque chose qui existerait de sorte que l’on puisse le saisir.

Ainsi la non-existence du passé ne semble plus aussi exceptionnelle, car finalement, c’est au temps en lui-même qu’il paraît difficile d’attribuer une existence concrète. Et pourtant, il serait absurde de dire que le passé n’existe pas, car nous en parlons sans cesse.

Ainsi, nous sommes arrivés à la conclusion que la question qui se pose est celle de la manière dont le passé existe.

Car il est bien toujours là dans notre mémoire. On peut même dire que le passé n’existe que parce que nous nous en souvenons. Et tous les évènements, tous les individus qui ont existé et dont aucune trace ne subsiste d’une façon ou d’une autre dans la mémoire des hommes présents, n’existent vraiment plus. Nous avons ainsi parlé du travail des historiens, mais aussi de l’idée de « devoir de mémoire » qui incombe à tout homme, puisque les morts n’existent que parce qu’on se souvient d’eux.

On doit cependant reconnaître que la mémoire est une reconstruction du passé, qui doit se faire de la manière la plus honnête possible, que ce soit dans le travail de l’historien (qui met pour cela des méthodes en œuvre), ou dans le souvenir personnel. Mais cela suppose que l’existence du passé est changeante, toujours à remodeler.

Par ailleurs, nous avons réfléchi sur le fait que le passé est toujours là en chacun de nous. Nous sommes faits de notre passé, de l’histoire personnelle qui est la notre et qui nous a constitué. On peut dire que notre existence est le fruit d’une somme de choix que nous avons successivement faits ou de décisions qui ont été prises par d’autres et qui ont eu une influence sur notre vie. Elle est aussi le fruit du hasard des rencontres ou des situations sociales, politiques. Si nos parents ne s’étaient jamais rencontrés, nous ne serions pas là…

Le passé existe donc dans le présent qu’il a contribué à faire, pour le pire ou pour le meilleur. Il peut l’alourdir et rendre le présent difficile à vivre, et alors on souhaite l’oublier, ou au contraire être une aide et l’alléger avec les « bons souvenirs ». 

On peut alors se demander en quel sens notre passé nous détermine, et si son existence nous enlève toute liberté ; ou au contraire comment notre liberté peut se conjuguer avec un passé qui nous façonne nécessairement.

Prochain café philo le samedi 25 novembre à 15h, sur le thème: « Peut-on encore débattre? »

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1 Response to Retour sur le café philo du mois d’octobre

  1. Avatar de Michel Jean Thevenon Michel Jean Thevenon dit :

    Merci à Carole pour le compte rendu de la réunion. Les interventions des participants ont été tellement intenses qu’il aurait été très difficile de s’en rappeler. Bienvenue donc au compte rendu ! « Les paroles s’envolent et les écrits restent ». Primordial pour connaître le passé est le rôle joué par les historiens, les livres, les médiathèques qui sont les racines et l’avenir de notre humanité sans oublier les librairies comme « l’arbre à palabres »…

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