Café Philo du 19 septembre 2020: Peut on échapper à son destin


Comte rendu du café Philo du 19 septembre 2020

  Au premier abord, cette question a paru paradoxale, car si on prend le terme de « destin » en son sens premier, synonyme de « fatalité », alors il est bien évident qu’il est impossible d’y échapper. Le destin désigne cette force qui fixe de manière inévitable, inexorable le cours des évènements. Il s’oppose alors à la liberté et à la capacité de choisir ses actes. L’histoire d’Oedipe est, dans la tradition grecque, l’illustration d’une vie soumise au destin : en cherchant désespérément à échapper au destin qui lui a été prédit, Oedipe ne fait que le réaliser encore plus activement.

 Cependant, la lecture d’extraits du Manuel d’Epictète, philosophe grec du I siècle, a pu nous montrer que l’existence d’un destin n’est pas incompatible avec une forme de liberté, qui ne réside pas alors dans le choix absolu de nos actes, càd dans le libre arbitre, mais dans la décision d’accepter les évènements, d’adhérer à la nécessité : « il ne faut pas vouloir que les choses arrivent comme tu le veux, mais les vouloir comme elles arrivent », dit Epictète. Cela n’a pas convaincu tout le monde, puisque cela suppose de renoncer à l’idée que nous avons un libre choix de nos actes ! Cependant, certains ont été séduits par l’idée que ce qui dépend en dernier ressort toujours de nous, c’est l’interprétation que nous faisons des évènements qui nous arrivent : ce n’est pas la mort qui est effrayante, disait Epictète, mais l’idée que la mort est effrayante, voilà ce qui nous effraie!

 Nous avons par ailleurs pu voir que la notion de destin peut être prise en un second sens, plus commun, synonyme de destinée : elle désigne alors les évènements non voulus qui composent la vie d’un individu. Ainsi on peut se demander quel aurait été le destin de Mozart s’il était mort plus vieux. De manière générale cela nous a conduit à réfléchir à la part de choix et à la part de circonstances imposées qui constituent notre vie. On peut se rendre compte que lorsque nous faisons des choix, nous prenons des décisions par rapport à des situations qui ne sont pas elles-mêmes choisies. En ce sens, il nous est apparu qu’il n’y a pas de liberté absolue, mais toujours par rapport à une situation donnée. Par ailleurs, chaque décision que nous prenons nous engage dans telle ou telle voie et du même coup en ferme d’autres, en rétrécissant en quelque sorte le champs des possibles, et en traçant ce que nous appelons alors notre destinée, qui n’est ni tout à fait entre nos mains, ni tout à fait hors de notre prise.

Carole Garcia

Prochain café Philo le 7 novembre 2020 à 16h: La nature est-elle un modèle ?

« la nature fait bien les choses » ou encore « il est dans la nature des femmes de s’occuper des enfants », autant d’expression qui font ou ont fait de la nature un guide pour nos actes. Mais pourquoi prendre la nature comme modèle de nos comportements ? Devons-nous le faire ? Avec quelles conséquences ?

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le Café Associatif à Combéranche et Epeluche
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