Café Philo du 9 mars 2024: « la consolation »


La consolation est un terme que nous employons peu en tant que tel, et pourtant il renvoie à un comportement que nous connaissons tous pour l’avoir vécu sous deux formes : soit nous cherchons à consoler quelqu’un, soit à nous consoler nous-même avec telle ou telle chose.
Nous avons d’abord essayé de cerner les contours de la première situation. Elle peut être analysée de deux points de vus : de celui qui console et de celui qui est consolé.
Elle est ainsi une dimension importante de la relation aux autres, et en ce sens elle se distingue de la résilience qui désigne le processus intérieur qui amène à surmonter une peine ou un traumatisme. Lorsque une personne en console une autre, elle est toute tendue vers elle et se met au service de l’autre de manière désintéressée. En effet, on ne gagne rien à consoler quelqu’un, et cet acte suppose une capacité d’empathie. Il faut en effet souffrir de la souffrance de l’autre pour vouloir le consoler, et on peut considérer que la tentative d’apaiser cette souffrance nous fait aussi du bien à nous-même.
Nous avons pu remarquer que la consolation se présente alors comme la mise en présence de deux humanités au-delà de la rencontre de deux individualités : on peut ainsi consoler quelqu’un qu’on ne connaît pas ou être consolé par un inconnu, par sa seule présence humaine. En effet, il n’est pas toujours
facile de trouver les mots ou de savoir quoi dire, mais parfois la simple présence suffit.

Cependant, il ne s’agit pas que d’humanité, puisqu’on peut être consolé par la présence d’un animal. Cela signifierait que c’est la création d’un lien sensible qui console, comme un rappel de notre participation au vivant. On peut alors considérer qu’être consolé, c’est être ramené à la vie, ou être remis dans le cours de la vie que la peine ou la souffrance nous a conduit à quitter. Ce qui console, c’est donc d’être « réanimé » par un lien sensible au vivant. C’est pour cela que la dimension charnelle est importante : toucher la personne, la prendre dans les bras…

Mais on peut parfois chercher à se consoler avec un objet : c’est le cas du doudou pour le jeune enfant. Il faut cependant remarquer que cet objet protecteur est le symbole d’une personne.
Il s’agissait par ailleurs de définir ce qui se produit dans la consolation. Celle-ci est une étape qui permet à celui qui souffre de sortir de lui-même et de sa peine pour commencer à aller vers autre chose et vers l’oubli. Être consolé peut permettre de commencer à accepter une situation pour y faire face. C’est en ce
sens qu’elle est conçue dans le courant philosophique du Stoïcisme.

Chez l’enfant, être consolé peut permettre de se sentir compris et aimé, et c’est une étape essentielle de la confiance en soi qui permet de grandir. Ayant alors constaté que certaines personnes sont plus douées que d’autres pour consoler, nous nous sommes demandés si cette aptitude à à voir avec l’enfance et l’éducation reçue.

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