L’optimisme est d’abord un trait de caractère qui incline à voir le bon côté des choses, à penser que les problèmes peuvent s’arranger, à voir du « bon » même si beaucoup de choses vont mal. En ce sens, il peut apparaître comme ce qui pousse à l’action, ce qui permet de ne pas se désespérer devant une situation et constitue un pouvoir de transformation. C’est l’optimisme qui peut amener chacun à faire sa part de colibri dans le monde, et à se dire que c’était ce qu’il fallait faire pour essayer de changer ce qui peut l’être.
Nous avons pu remarquer que l’optimisme relève plutôt d’un acte de la volonté, d’une décision, alors que le pessimisme consiste plus à se laisser aller à ses émotions. Il y a plus de passivité dans le pessimisme, et en ce sens, il est presque plus facile d’être pessimiste qu’optimiste. En effet, pour le pessimiste, l’existence du « mal » (on entend par là l’ensemble des événements ou des actes qui sont immoraux, nuisibles, destructeurs…) n’est pas un problème puisque justement être pessimiste, c’est considérer que le mal existe et existera toujours, qu’il n’y a rien à y faire, et que donc il y a vraiment de quoi être pessimiste. Pour l’optimiste les choses sont plus compliquées, puisque, malgré ce qui ne va pas, il faut trouver de quoi espérer un changement : en relativisant, en minimisant, ou alors en cherchant à transformer ce qui peut l’être. Nous nous sommes demandé pourquoi certains sont optimistes et d’autres non. Est-ce que ce caractère est inné ou produit par le vécu individuel ?
Les philosophes, eux, vont considérer que l’optimisme ne doit pas seulement être perçu comme une façon active de voir les choses, mais qu’il doit être réfléchi, raisonné. En effet, si tout ne va pas bien, il ne faut pas se contenter de relativiser le mal, il faut le justifier, c’est -à-dire expliquer que malgré le mal « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles », comme le caricature le personnage du roman de Voltaire, Candide. L’optimisme philosophique dérive ainsi d’une théodicée (justification de la bonté et de la puissance de Dieu malgré l’existence du mal). Si c’est Dieu qui a fait le monde, et étant donné qu’il est tout puissant et bon, malgré les apparences, ce qui existe doit forcément être le monde le meilleur de ce qui était possible (chez le philosophe Leibniz). On comprend alors que l’optimisme de l’athée ne prend pas le même chemin.
Au XVIe et au XIXe siècle c’est l’idée de « ruse de la raison » ou de « ruse de la nature » qui apparaît pour justifier la nécessité d’être optimiste malgré la manière dont les hommes agissent le plus fréquemment. Par exemple, E. Kant montrera que les hommes souhaitent en général la paix, mais qu’en réalité la guerre est bien meilleure pour eux car elle les force à progresser (techniquement et moralement) malgré eux. C’est paradoxal, mais cela doit nous conduire à ne pas désespérer de l’homme.


