Café Philo : « Le conscient et l’inconscient » Ce samedi 28 avril, de 16h à 18h.


Voici le compte rendu du dernier café philo, le sujet était « l’inné et l’acquis ».

Comme le thème n’était pas cette fois-ci une question, j’ai suggéré que deux problèmes se posaient : qu’est-ce qui est inné et qu’est-ce qui est acquis en l’homme ?, mais aussi, pourquoi est-il essentiel de faire la différence entre les deux et de ne pas les confondre.

Au cours de la discussion, deux idées centrales sont apparues à propos de la première question :

  • D’abord , la part d’acquis est la plus importante chez les hommes, par l’imprégnation culturelle et l’éducation (langage, bipédie…), là dessus tout le monde est d’accord. Mais dans ce cas, qu’est-ce qui est inné ? Certains ont fait référence aux jumeaux séparés dès la naissance qui semblent posséder des similitudes de comportement. Cependant il est difficile d’avoir des certitudes à partir de très peu de cas. L’existence de manières d’agir innées chez les hommes est très difficile à montrer, ce qui implique l’absence d’instinct; cette idée a posé problème à plusieurs. Mais c’est qu’il faut bien définir ce concept si on veut y réfléchir : l’instinct est un comportement adaptatif inné et surtout stéréotypé, ce qui implique qu’il doit être le même chez tous les membres de l’espèce. Or, on peut dire que c’est plutôt la diversité qui caractérise notre espèce, même à l’intérieur d’une même culture.

Donc, si l’inné ne désigne pas des comportements, que désigne-t-il ? l’idée a été évoquée que ce qui a été acquis au cours du temps est devenu comme de l’inné en l’homme, or, ces acquis sont plus des aptitudes que des comportements à proprement parler, ce qu’on peut exprimer en disant que nous avons acquis une aptitude innée à apprendre.

On a pu parler aussi d' »intuition » à propos de certains comportements, notamment celui de cet enfant autiste qui a perçu avant tout le monde la grossesse d’une de ses éducatrices. Est-ce que c’est une aptitude innée ? Peut-être plutôt que ces enfants développent une sensibilité différente qui les amène à percevoir ce qui reste inconnu aux autres.

  • L’existence d’une grande diversité de cultures amène ainsi certains philosophes à se demander ce que les hommes peuvent avoir en commun si on laisse de côté justement les aptitudes dont on a parlé : tous les hommes parlent, marchent, sont conscients…mais à part ça ils ne se conduisent pas du tout de la même manière. J’ai suggéré qu’ils puissent partager des valeurs, telles qu’énoncées dans les droits de l’homme, mais cette communauté de valeurs a parue fantaisiste à beaucoup des personnes présentes…

Par ailleurs, s’est posée la question de l’existence d’une violence innée : les avis étaient partagés. j’ai fait référence au philosophe Kant qui postule l’idée d’une histoire des hommes qui les mènerait nécessairement vers une paix perpétuelle… ce qui a provoqué beaucoup de scepticisme…

A propos de la seconde question, nous n’avons pas eu le temps de beaucoup discuter… mais il est apparu évident que nous faisons souvent la confusion entre ce qui est spontanné (donc fait sans réfléchir et qui peut être acquis par habitude) et ce qui est inné (présent dès la naissance). Cette confusion conduit à de nombreuses attitudes de rejet ou de discrimination.

A bientôt,

Carole. Intervenante au Café Philo.

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